Index Ă©galitĂ© professionnelle : nouvelles prĂ©cisions sur l’obligation de publication des rĂ©sultats sur le site internet de l’entreprise

Par |2021-03-24T17:53:49+01:00mars 24th, 2021|actualités, actualités générales|

Par un décret 2021-265 du 10 mars 2021, le Gouvernement a apporté des précisions, sur les obligations qui incombent aux entreprises en matiÚre de réduction des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, de maniÚre générale mais aussi, plus spécifiquement, pour les entreprises bénéficiaires du Plan de relance.

  • Obligations gĂ©nĂ©rales de publication de l’index Ă©galitĂ©

Chaque annĂ©e avant le 1er mars, les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s doivent calculer et publier sur leur site internet la note globale de leur Index Ă©galitĂ© professionnelle entre les femmes et les hommes.

Le décret du 10 mars 2021 apporte quelques précisions sur cette obligation de publication :

  • Jusqu’à prĂ©sent, les entreprises devaient seulement publier leur note globale. DorĂ©navant, elles devront Ă©galement publier, les rĂ©sultats obtenus pour chaque indicateur de l’index. Si certaines entreprises affichent fiĂšrement leur note et en font mĂȘme un outil de communication, d’autres ont tendance Ă  n’en faire qu’une mention en caractĂšres minuscules dans un bas de page inaccessible. Il faudra dĂ©sormais assumer sa note et le sujet de l’égalitĂ©, le dĂ©cret invitant les entreprises Ă  publier leur note et leurs rĂ©sultats « de maniĂšre visible et lisible» sur leur site internet.
  • De plus, ces informations doivent ĂȘtre consultables sur le site internet de l’entreprise toute l’annĂ©e, jusqu’à la publication des rĂ©sultats de l’annĂ©e suivante.

Notons qu’à dĂ©faut de site internet, ces Ă©lĂ©ments sont portĂ©s Ă  la connaissance des salariĂ©s par tout moyen.

Cette exigence de publication « visible et lisible » du niveau de rĂ©sultat global doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e, au plus tard, le 1er mai 2021 et celle des rĂ©sultats obtenus pour chaque indicateur, le 1er juin 2021.

  • Obligations de publication spĂ©cifiques incombant aux entreprises bĂ©nĂ©ficiaires du Plan de relance

Par un article publiĂ© le 24 fĂ©vrier 2021, le cabinet Norma Avocats commentait les dispositions de l’article 244 de la loi de Finances pour 2021 venant conditionner le bĂ©nĂ©ficie des aides du Plan de relance au respect, par les entreprises, d’obligations en matiĂšre d’égalitĂ© entre les femmes et les hommes Ă  effectuer avant le 31 dĂ©cembre 2022.

Portant application de cet article 244, le dĂ©cret du 10 mars 2021 est venu prĂ©ciser ces conditions : les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s, dont la note globale de l’index Ă©galitĂ© est infĂ©rieure Ă  75 points, ont l’obligation de fixer et de publier sur leur site internet :

  • Les objectifs de progression pour chacun des indicateurs de l’index pour lequel la note maximale n’a pas Ă©tĂ© atteinte,
  • Les mesures de correction et de rattrapage.

L’entreprise aura prĂ©alablement dĂ©fini les mesures de correction dans le cadre de sa nĂ©gociation obligatoire sur l’égalitĂ© professionnelle, ou Ă  dĂ©faut d’accord, par dĂ©cision unilatĂ©rale de l‘employeur et aprĂšs consultation du CSE.

Le dĂ©cret prĂ©cise que les objectifs de progression ainsi que les mesures de correction et de rattrapage sont publiĂ©s sur la mĂȘme page internet que la note globale et les rĂ©sultats de l’index Ă©galitĂ© professionnelle. Cette publication intervient dĂšs que l’accord ou la dĂ©cision unilatĂ©rale a fait l’objet du dĂ©pĂŽt sur la plateforme de tĂ©lĂ©procĂ©dure du ministre du travail.

Par ailleurs tant que l’entreprise n’a pas obtenu un niveau de rĂ©sultat au moins Ă©gale Ă  75 points, elle a l’obligation de laisser sur son site internet ces informations. Notons encore une fois, qu’Ă  dĂ©faut de site internet, ces informations doivent ĂȘtre portĂ©es Ă  la connaissance des salariĂ©s par tout moyen.

Enfin, ces dispositions sont applicables Ă  compter des rĂ©sultats calculĂ©s sur la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence s’achevant, au plus tard, le 31 dĂ©cembre 2021, et doivent ĂȘtre publiĂ©s, au plus tard, le 1er mars 2022.

Par dĂ©rogation, les entreprises ayant obtenu, en 2022, au titre de l’annĂ©e 2021, un niveau de rĂ©sultat infĂ©rieur Ă  75 points peuvent fixer et publier les objectifs de progression et les mesures de correction et de rattrapage jusqu’au 1er mai 2022.

RĂ©daction du protocole transactionnel : l’effet libĂ©ratoire des clauses rĂ©digĂ©es en termes gĂ©nĂ©raux

Par |2021-03-16T11:52:13+01:00mars 16th, 2021|actualités, actualités générales|

Selon les articles 2044 et 2052 du Code civil, la transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions rĂ©ciproques, mettent fin Ă  une contestation nĂ©e, ou prĂ©viennent une contestation Ă  naĂźtre. Les transactions ont alors, entre les parties, l’autoritĂ© de la chose jugĂ©e en dernier ressort.

Par un arrĂȘt du 17 fĂ©vrier 2021 (Cass. soc., 17 fĂ©vrier 2021, n°19-20.635), la Cour de cassation prĂ©cise que mĂȘme si elle est rĂ©digĂ©e en termes gĂ©nĂ©raux, la transaction couvre aussi la question de l’indemnitĂ© de non-concurrence due au salariĂ©.

En effet, Ă  moins que la transaction soit assortie d’une exclusion expresse, les demandes ultĂ©rieures du salariĂ©, quel qu’en soit l’objet, liĂ©es Ă  l’exĂ©cution ou Ă  la rupture du contrat de travail, seront dĂ©clarĂ©es irrecevables dĂšs lors que la transaction prĂ©cise les points suivants :

  1. Les parties reconnaissent que leurs concessions rĂ©ciproques sont rĂ©alisĂ©es Ă  titre transactionnel, forfaitaire et dĂ©finitif conformĂ©ment aux dispositions des articles 2044 et suivants du code civil, et en particulier, de l’article 2052 du code civil,
  2. L’objet de la transaction est de remplir chacune des parties de tous leurs droits et de mettre fin Ă  tout diffĂ©rend nĂ© ou Ă  naĂźtre des rapports de droit ou de fait ayant pu exister entre elles,
  3. Les parties dĂ©clarent, sous rĂ©serve de la parfaite exĂ©cution de l’accord, ĂȘtre totalement remplies de leurs droits respectifs et renoncer rĂ©ciproquement Ă  toute prĂ©tention, action ou instance en vue de rĂ©clamer quelque somme que ce soit.

La Cour d’appel avait retenu qu’à dĂ©faut de levĂ©e de la clause de non-concurrence par l’employeur au moment de la rupture du contrat, celui-ci ne pouvait invoquer l’autoritĂ© de la chose jugĂ©e s’attachant au protocole pour s’opposer Ă  la demande de paiement formĂ©e par le salariĂ© Ă  ce titre, puisqu’elle n’était pas expressĂ©ment visĂ©e dans la transaction.

Or, dans le prolongement de sa jurisprudence relative au plein effet des clauses transactionnelles de renonciation générale, la chambre sociale de la Cour de cassation a estimé que les parties étaient remplies de tous leurs droits, y compris au titre de la clause de non-concurrence.

Les mesures de sĂ©curitĂ© sanitaire sont renforcĂ©es au sein de l’entreprise

Par |2021-03-05T20:23:51+01:00mars 5th, 2021|actualités, actualités générales|

Dans sa version actualisĂ©e au 16 fĂ©vrier 2021, le protocole national sanitaire renforce les mesures de sĂ©curitĂ© sanitaire au sein de l’entreprise. DĂ©sormais, les masques portĂ©s en entreprise doivent ĂȘtre « grand public filtration supĂ©rieure Ă  90% » ce qui correspond aux masques « chirurgicaux ». Autrement dit, les masques artisanaux, jugĂ©s insuffisants, ne peuvent plus ĂȘtre utilisĂ©s dans l’entreprise.

En outre, dans certaines situations de travail dérogeant au port du masque systématique, la distanciation sociale est portée à deux mÚtres.

Enfin, le protocole insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’une aĂ©ration rĂ©guliĂšre de quelques minutes, au minimum toutes les heures, ou de s’assurer d’un apport d’air neuf par un systĂšme de ventilation fonctionnelle et conforme Ă  la rĂ©glementation.

Le dispositif d’activitĂ© partielle Ă©volue !

Par |2021-03-05T20:11:27+01:00mars 5th, 2021|actualités, actualités générales|

Les dĂ©crets n°2021-221 et n°2021-225 du 26 fĂ©vrier 2021 ont modifiĂ© le dispositif d’activitĂ© partielle sur les points suivants :

  • DurĂ©e de l’autorisation d’activitĂ© partielle : la rĂ©duction de la durĂ©e de l’autorisation de mise en activitĂ© partielle de 12 Ă  3 mois est reportĂ©e au 1er juillet 2021 en lieu et place du 1er mars prochain.

 

  • Taux de prise en charge :

1/ Pour les secteurs non protĂ©gĂ©s, la baisse des taux d’indemnitĂ© et d’allocation d’activitĂ© partielle, initialement prĂ©vue au 1er mars 2021, est reportĂ©e au 1er avril 2021.  A compter de cette date, le taux de l’indemnitĂ© d’activitĂ© partielle accordĂ©e aux salariĂ©s baissera de 70% Ă  60% de leur rĂ©munĂ©ration brute de rĂ©fĂ©rence et le taux de l’allocation versĂ©e Ă  l’employeur passera de 60% Ă  36 %.

2/ Pour les secteurs « protégés » (listés aux annexes I et II du décret n°2020-810 du 29 juin 2020), une baisse échelonnée et distincte des taux de prise en charge est à prévoir :

  • A compter du 1er avril 2021, pour les entreprises relevant d’un secteur protĂ©gĂ© listĂ© dans l’annexe 1 du dĂ©cret du 29 juin 2020, le taux de l’indemnitĂ© d’activitĂ© partielle versĂ©e au salariĂ© est maintenu Ă  70% mais le taux d’allocation, octroyĂ©e Ă  l’employeur, passe de 70% Ă  60%. Pour les entreprises relevant d’un secteur protĂ©gĂ© visĂ© dans l’annexe 2 (qui accusent une baisse de chiffre d’affaires de 80%), les taux de l’indemnitĂ© versĂ©e au salariĂ© et Ă  l’employeur sont maintenus Ă  70%.
  • A compter du 1er mai 2021, pour les entreprises relevant de l’annexe 1, le taux de l’indemnitĂ© d’activitĂ© partielle versĂ©e au salariĂ© passera de 70% Ă  60% et le taux de l’allocation octroyĂ©e Ă  l’employeur de 60 % Ă  36%.
  • A compter du 1er juillet 2021, pour les entreprises relevant d’un secteur protĂ©gĂ© visĂ© dans l’annexe 2 (qui accusent une baisse de chiffre d’affaires de 80%), le taux de l’indemnitĂ© versĂ©e au salariĂ© diminuera de 70% Ă  60% et le taux de l’allocation accordĂ©e Ă  l’employeur de 70% Ă  36%.

3/ Pour les entreprises fermĂ©es administrativement et les Ă©tablissements situĂ©s dans la zone de chalandise d’une station de ski, les taux de l’indemnitĂ© versĂ©e au salariĂ© et Ă  l’employeur sont maintenus Ă  70% jusqu’au 30 juin 2021. A compter du 1er juillet 2021, le taux de l’indemnitĂ© versĂ©e au salariĂ© diminuera de 70% Ă  60% et le taux de l’allocation accordĂ©e Ă  l’employeur de 70% Ă  36%, sous rĂ©serve de nouveaux changements.

4/ Pour les salariĂ©s vulnĂ©rables ou contraints de garder leur enfant de moins de 16 ans ou en situation de handicap, quelle que soit la situation de l’employeur, Ă  compter du 1er avril 2021 et au plus tard jusqu’au 31 dĂ©cembre 2021, le taux d’indemnitĂ© versĂ©e au salariĂ© est fixĂ© Ă  70% et le taux d’allocation versĂ©e Ă  l’employeur Ă  60%.

Face Ă  cette baisse progressive des taux de prise en charge dans le cadre de l’activitĂ© partielle, les entreprises sont fortement invitĂ©es Ă  nĂ©gocier des accords d’activitĂ© partielle de longue durĂ©e qui leur garantissent de pouvoir bĂ©nĂ©ficier d’un taux d’allocation Ă©gal Ă  60% et assurent Ă  leur salariĂ©s une indemnisation Ă©gale Ă  70% de leur rĂ©munĂ©ration brute pour une durĂ©e pouvant aller jusqu’à 24 mois.

  • La liste des secteurs protĂ©gĂ©s enrichie

Le dĂ©cret n°2021-225 du 26 fĂ©vrier 2021 enrichit la liste prĂ©vue Ă  l’annexe II des activitĂ©s suivantes :

  • Les commerçants rĂ©alisant au moins 50% du chiffre d’affaires (attestĂ© par un expert-comptable) par la vente de produits ou services sur les foires et salons ;
  • Les exploitations agricoles des filiĂšres festives lorsqu’au moins 50% du chiffre d’affaires (attestĂ© par un expert-comptable) est rĂ©alisĂ© avec une ou des entreprises du secteur de la chasse ;
  • Treize activitĂ©s en lien avec la vente en dĂ©tails de skis et de chaussures de skis ou encore l’exploitation de remontĂ©es mĂ©caniques.

Bercy et l’URSSAF prennent position sur le rĂ©gime fiscal et social des frais liĂ©s au tĂ©lĂ©travail

Par |2021-03-05T20:20:15+01:00mars 3rd, 2021|actualités, actualités générales|

      • Sur le rĂ©gime social des indemnitĂ©s forfaitaires pour le tĂ©lĂ©travail

Lorsqu’un salariĂ© est en tĂ©lĂ©travail engage des frais (Ă©lectricitĂ©, abonnement tĂ©lĂ©phonique etc), l’allocation forfaitaire versĂ©e par l’employeur est rĂ©putĂ©e utilisĂ©e conformĂ©ment Ă  son objet et exonĂ©rĂ©e de cotisations et contributions sociales, le montant variant selon la quotitĂ© de journĂ©es de tĂ©lĂ©travail par semaine (Fiche Urssaf 18 dĂ©cembre 2019).  Ainsi, l’employeur peut exonĂ©rer de cotisations et contributions sociales une somme forfaitaire dans la limite globale de 10 € par mois, pour un salariĂ© effectuant une journĂ©e de tĂ©lĂ©travail par semaine (20 € par mois pour un salariĂ© effectuant deux jours de tĂ©lĂ©travail par semaine, 30 € par mois pour trois jours par semaine
)

Dans sa fiche actualisĂ©e le 29 janvier 2021, l’URSSAF complĂšte les possibilitĂ©s de remboursement sans justificatifs des frais liĂ©s au tĂ©lĂ©travail.

DĂ©sormais, lorsque l’allocation forfaitaire est prĂ©vue par une convention collective de branche, un accord professionnel ou interprofessionnel ou par un accord de groupe, elle est rĂ©putĂ©e utilisĂ©e conformĂ©ment Ă  son objet et exonĂ©rĂ©e de cotisations et contributions sociales dans la limite des montants prĂ©vus par accord collectif. DĂšs lors que l’allocation est attribuĂ©e en fonction du nombre de jours de jours effectivement tĂ©lĂ©travaillĂ©s.  En revanche, si le montant versĂ© par l’employeur dĂ©passe les limites fixĂ©es par l’accord collectif, l’exonĂ©ration ne pourra ĂȘtre admise que sur prĂ©sentation des justificatifs.

Il est important de souligner que cet assouplissement ne repose (pour le moment) que sur une simple position de l’URSSAF, qui n’est pas opposable aux inspecteurs en cas de contrĂŽle. Dans ces circonstances, les entreprises peuvent envisager de faire valider leur pratique en amont auprĂšs de leur URSSAF, via la procĂ©dure du rescrit, afin de se sĂ©curiser.

      • Sur le rĂ©gime fiscal des indemnitĂ©s forfaitaires pour le tĂ©lĂ©travail

De son cĂŽtĂ©, dans un communiquĂ© de presse du 2 mars 2021, le MinistĂšre de l’économie, des finances et de la relance a annoncĂ© des mesures spĂ©cifiques pour le traitement fiscal des allocations forfaitaires versĂ©es par l’employeur. Elles sont exonĂ©rĂ©es d’impĂŽt sur le revenu dans la limite de 2,5 euros par jour de tĂ©lĂ©travail Ă  domicile et dans la limite annuelle de 550 euros. Cette tolĂ©rance couvre exclusivement les frais engagĂ©s au titre du tĂ©lĂ©travail et non les frais courants nĂ©cessitĂ©s par le travail comme les frais de dĂ©placement ou encore les frais de restauration.

 

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