HarcĂšlement moral : l’enquĂȘte interne peut se dĂ©rouler sans que le salariĂ© mis en cause ne soit prĂ©venu ni entendu

Par |2021-06-04T14:52:28+02:0018 mai 2021|A la une, actualités, actualités générales|

En cas de dĂ©nonciation de harcĂšlement moral, l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nĂ©cessaires en vue de prĂ©venir ou de faire cesser les agissements dĂ©noncĂ©s. L’employeur doit alors vĂ©rifier que les faits rapportĂ©s sont avĂ©rĂ©s et doit donc mettre en place une enquĂȘte, sauf Ă  se voir reprocher un manquement Ă  son obligation de sĂ©curitĂ©.

En l’espĂšce, l’employeur a fait appel Ă  une entreprise extĂ©rieure spĂ©cialisĂ©e en risques psychosociaux pour mener l’enquĂȘte. Cette enquĂȘte a  rĂ©vĂ©lĂ© que la salariĂ©e mise en cause avait profĂ©rĂ© des insultes et des propos Ă  caractĂšre racial et discriminatoire causant des perturbations graves au sein de l’entreprise. C’est dans ce contexte que la salariĂ©e a Ă©tĂ© licenciĂ©e pour faute grave.

La Cour d’appel a jugĂ© que le licenciement Ă©tait dĂ©pourvu de cause rĂ©elle et sĂ©rieuse car le compte rendu d’enquĂȘte avait Ă©tĂ© obtenu de maniĂšre dĂ©loyale et devait donc ĂȘtre Ă©cartĂ© des dĂ©bats. En effet, les juges du fond avaient relevĂ© que la salariĂ©e n’avait pas Ă©tĂ© informĂ©e ni entendue dans le cadre de l’enquĂȘte. L’employeur a donc mĂ©connu les dispositions de l’article L.1222-4 du Code du travail qui l’oblige Ă  porter prĂ©alablement Ă  la connaissance du salariĂ© la mise en Ɠuvre de tout dispositif collectant des informations personnelles.

Par un arrĂȘt en date du 17 mars 2021, la Cour de cassation a cassĂ© ce raisonnement en prĂ©cisant que l’article L1222-4 du Code du travail ne s’applique pas Ă  l’enquĂȘte interne effectuĂ©e Ă  la suite d’une dĂ©nonciation de faits de harcĂšlement moral (Cass.soc., 17 mars 2021, n°18-25.597).

DĂšs lors, l’employeur peut diligenter une enquĂȘte sur le salariĂ© mis en cause, sans l’en informer ni entendre ses explications. Cela Ă©tant dit, il peut ĂȘtre opportun d’informer et d’entendre le salariĂ© mis en cause afin de recueillir ses explications dans le cadre de l’enquĂȘte (et non uniquement au stade de son entretien prĂ©alable en cas de licenciement). Cette dĂ©marche permet Ă  la fois de comprendre une situation en ayant le point de vue de toutes les parties et d’éviter Ă©galement que le salariĂ© ne conteste, le cas Ă©chĂ©ant, l’objectivitĂ© de l’enquĂȘte menĂ©e.

TĂ©lĂ©travail : extension de l’ANI Ă  toutes les entreprises et obligation de rĂ©daction d’un plan d’action en pĂ©riode de pandĂ©mie

Par |2021-06-04T14:54:38+02:003 mai 2021|A la une, actualités générales|

Le cabinet Norma Avocats revient sur deux actualités en matiÚre de télétravail :

  1. Extension de l’Accord National Interprofessionnel sur le tĂ©lĂ©travail

Par arrĂȘtĂ© du 2 avril 2021, les stipulations de l’ANI du 26 novembre 2020 sur le tĂ©lĂ©travail ont Ă©tĂ© rendues obligatoires pour tous les employeurs et tous les salariĂ©s compris dans son champ d’application.

Sont concernĂ©es toutes les entreprises appartenant Ă  un secteur professionnel reprĂ©sentĂ© par les organisations patronales signataires Ă  savoir le Medef, la CPME et l’U2P.

Dorénavant, le cadre juridique du télétravail est donc régi par :

  • Les articles L.1222-9 Ă  L.1222-11 du Code du travail ;
  • L’ANI du 19 juillet 2005, Ă©tendu par arrĂȘtĂ© du 30 mai 2006 modifiĂ© par arrĂȘtĂ© du 15 juin 2006 ;
  • L’ANI du 26 novembre 2020 qui vient, entre autres, redĂ©finir les conditions d’accĂšs au tĂ©lĂ©travail en distinguant les pĂ©riodes de crise sanitaire des pĂ©riodes dites « normales » et qui met notamment en avant le dialogue social.

L’arrĂȘtĂ© du 2 avril dernier a posĂ© une rĂ©serve quant Ă  l’extension de l’article 3.1.5 relatif Ă  la prise en charge des frais professionnels.

Pour rappel, cet article prĂ©voit qu’il appartient Ă  l’entreprise de prendre en charge les dĂ©penses qui sont engagĂ©es par le salariĂ© dans l’intĂ©rĂȘt de l’entreprise et pour les besoins de son activitĂ© professionnelle, aprĂšs validation de l’employeur.

L’arrĂȘtĂ© indique quant Ă  lui que cet article est Ă©tendu « sous rĂ©serve du respect du principe gĂ©nĂ©ral de prise en charge des frais professionnels tel qu’interprĂ©tĂ© par la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc, 25 fĂ©vrier 1998, n° 95-44.096) selon lequel la validation de l’employeur est interprĂ©tĂ©e comme Ă©tant prĂ©alable, et non postĂ©rieure, Ă  l’engagement des dĂ©penses par le salarié ».

Dans ce cadre-lĂ , nous vous invitons Ă  rappeler ce principe de validation prĂ©alable des dĂ©penses liĂ©es Ă  l’exercice du travail Ă  distance dans vos accords sur le tĂ©lĂ©travail ou vos notes sur les frais professionnels.

  1. Crise sanitaire : obligation de mise en place d’un Plan d’action sur le tĂ©lĂ©travail

Depuis plusieurs mois maintenant, la situation sanitaire impose Ă  toutes les entreprises de limiter les interactions sociales aux abords et sur le lieu de travail et de placer en tĂ©lĂ©travail tous les salariĂ©s dont l’activitĂ© peut ĂȘtre exercĂ©e Ă  distance.

Si, dans les faits, les entreprises ont massivement mis en place le tĂ©lĂ©travail, dĂ©sormais et suite Ă  la mise Ă  jour du protocole sanitaire en entreprise de mars et avril dernier, elles ont l’obligation de formaliser leurs pratiques dans un Plan d’action sur le tĂ©lĂ©travail.

Ce plan d’action a pour objet de rĂ©duire au maximum le temps de prĂ©sence sur site des salariĂ©s en tenant compte des activitĂ©s totalement ou partiellement tĂ©lĂ©travaillables.

Le protocole indique que les modalitĂ©s de ce plan d’action sont adaptĂ©es Ă  la taille de l’entreprise et fait l’objet d’échanges dans le cadre du dialogue social de proximitĂ©.

Le Gouvernement indique Ă  cette occasion, qu’en cas de contrĂŽle, l’employeur doit prĂ©senter Ă  l’inspection du travail les actions mises en Ɠuvre pour favoriser le tĂ©lĂ©travail.

La rupture conventionnelle du contrat de travail en pĂ©riode de confinement et de dĂ©confinement – Article de Florent Millot et Clara Lefebvre dans la Semaine Juridique Sociale

Par |2020-06-22T18:12:51+02:0022 juin 2020|A la une, actualités générales|

Depuis sa mise en place en 2008, la rupture conventionnelle, qui permet aux parties de rompre d’un commun accord le contrat de travail, connaĂźt un succĂšs important. Aussi bien pendant la phase de confinement que de dĂ©confinement, la crise sanitaire liĂ©e Ă  l’Ă©pidĂ©mie de Covid-19 n’a pas empĂȘchĂ© les parties au contrat de travail de faire usage de ce mode de rupture. La procĂ©dure de rupture conventionnelle a toutefois Ă©tĂ© affectĂ©e et amĂ©nagĂ©e en consĂ©quence. Analyses et prĂ©conisations de Clara Lefebvre et Florent Millot dans la Semaine Juridique Sociale du 16 juin 2020. 

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