Lâemployeur ne peut pas mettre fin au tĂ©lĂ©travail instaurĂ© de maniĂšre informelle depuis plusieurs annĂ©es
Par un arrĂȘt de la Cour dâappel dâOrlĂ©ans du 7 dĂ©cembre 2021 (CA OrlĂ©ans, ch. Soc., 7 dĂ©cembre 2021, n° 17/01258), les juges sont venus rappeler que lâemployeur ne peut pas imposer au salariĂ©, en tĂ©lĂ©travail Ă 100% depuis plusieurs annĂ©es, un retour dans les locaux de lâentreprise.
En lâespĂšce, pour justifier sa dĂ©cision de faire revenir le salariĂ© 2 jours par semaine en prĂ©sentiel, lâemployeur sâest fondĂ© sur le fait que la mise en place du tĂ©lĂ©travail nâavait jamais Ă©tĂ© contractualisĂ©e.
Or, selon la Cour dâappel dâOrlĂ©ans, lâemployeur avait acceptĂ©, de fait, cette organisation du travail depuis plusieurs annĂ©es, mĂȘme en lâabsence dâaccord formel entre les parties sur la mise en place du tĂ©lĂ©travail, et ne pouvait revenir dessus unilatĂ©ralement.
Le retour en prĂ©sentiel constituait en effet, selon la Cour, un bouleversement de lâorganisation professionnelle du salariĂ© et des conditions de sa vie personnelle, traduisant ainsi une modification du contrat de travail.
Pour Ă©viter ce type de difficultĂ©, lâentreprise a donc tout intĂ©rĂȘt Ă se doter dâun accord collectif ou dâune charte sur le tĂ©lĂ©travail, comme le prĂ©voit lâarticle L.1222-9 du Code du travail.
En effet, dans le cadre dâun accord ou dâune charte, opposable aux salariĂ©s, lâentreprise dĂ©finit, via la clause de rĂ©versibilitĂ©, les conditions dans lesquelles il pourra ĂȘtre mis fin au tĂ©lĂ©travail, notamment Ă la demande de lâemployeur.
